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Essai Mercedes SLS AMG GT3, gagnante des 24 Heures du Nürburgring 2013

Sport Publié le 07/10/13 par Cédric Pinatel

Nous avons eu le privilège d'essayer la Mercedes SLS AMG GT3, victorieuse de la course automobile la plus difficile du monde. Un succès où l'efficacité de sa monte pneumatique Dunlop a forcément été cruciale.

Mercedes SLS AMG GT3 sur circuit Dunlop a équipé la Mercedes SLS AMG GT3 lors de la victoire des 24 Heures de Nürburgring - Crédits photo © : rezulteo

600 chevaux et des ailes de mouette

La SLS AMG GT3 a été conçue par Mercedes pour répondre à la réglementation GT3, pour des courses où la quasi-totalité des constructeurs de voitures de sport livrent des batailles d'anthologie sur tous les circuits du monde. Le but est assez simple : on part d'une voiture de sport du catalogue de la marque et on la transforme en une vraie voiture de course, d'après un règlement qui autorise un certain nombre de modifications.

Chez Mercedes, c'est donc la base de la SLS AMG qui a été choisie. Une sportive au long capot et aux ailes de mouette, équipée d'un V8 de 571 chevaux. Une fois transformée pour la course GT3, elle devient nettement plus légère (un peu moins de 1350 kilos au lieu de plus de 1600 kilos) et plus puissante : Mercedes annonce entre 550 et 600 chevaux mais sans les brides réglementaires du championnat GT3, elle en ferait beaucoup plus. Une chose est sûre : avec sa dégaine unique au monde et ses portières qui s'ouvrent vers le ciel, elle fait un malheur auprès des spectateurs sur les circuits.

Mercedes SLS AMG GT3 rougeCrédits photo © : rezulteo

La nouvelle voiture à battre ?

Actuellement, les choses vont plutôt bien pour elle. La SLS AMG GT3 a été présentée en 2011 et depuis, ses performances en course n'ont cessé de s'améliorer. En 2013, elle semble bien partie pour dominer toutes les plus grandes courses GT3 du monde. Elle a d'abord remporté les 24 Heures de Dubaï en début d'année. Elle a enchaîné avec les 24 Heures de Barcelone et les mythiques 24 Heures de Spa Francorchamps, elles aussi tombées dans l'escarcelle de Mercedes. Mais la plus grande fierté de la marque à l'étoile et de son partenaire Dunlop pour l'occasion, c'est la victoire aux 24 Heures du Nürburgring 2013. C'est une grande première pour Mercedes qui a réussi à devancer Audi, Porsche et les autres spécialistes de l'épreuve au cours d'une édition absolument dantesque où la météo fut épouvantable.

 

L'enfer vert

Demandez à un pilote quelle est sa course préférée, il y a de grandes chances pour qu'il vous réponde par les 24 Heures du Nürburgring. C'est sans doute le plus grand défi du monde en matière de course automobile actuellement. 24 Heures de course sur un circuit extrêmement difficile, où les virages (dont une bonne partie en aveugle) sont près d'une centaine et où le rail est très proche du tarmac. 24 Heures très souvent disputées sous la pluie, au milieu de centaines de voitures participantes qui vont de la GT3 ultra-performante jusqu'à la petite citadine d'amateurs. Tout ce petit monde se partage la piste et tente d'éviter le plus possible les accidents et les sorties de piste, qui arrivent souvent au long de la course. Et que ce soit pour Audi, BMW, Porsche, Aston Martin ou McLaren, tous mettent chaque année de gros moyens pour remporter cette épreuve pas comme les autres.

En 2013, elle fut encore plus difficile : la pluie est tombée en quantités apocalyptiques, à tel point que la course a dû être suspendue pendant plusieurs heures en raison de conditions extrêmement dangereuses. Mais au terme du double tour d'horloge, c'est une SLS AMG GT3 qui est sortie en tête. Grâce à un équipage de pointe, une fine gestion de la course et des gommes à la hauteur, elle a damné le pion à Porsche et à BMW.

Mercedes SLS AMG GT3 sur circuitCrédits photo © : rezulteo

 

Au volant de la bête

Mercedes SLS AMG GT3 garageCrédits photo © : rezulteo
Le temps de huit tours de piste sur le circuit du Lausitzring en Allemagne, nous avons pu jauger les capacités hors normes de ce genre de voiture de course. Fait nouveau, elles sont maintenant conçues pour être conduites même par des pilotes moins talentueux : il n'est pas rare de voir de riches pilotes amateurs (néanmoins éclairés) s'engager en course avec ces machines, le championnat GT3 alterne d'ailleurs pilotes professionnels et pilotes amateurs.

L'installation à bord de la SLS GT3 est certes très impressionnante lorsqu'on n'a pas l'habitude de piloter une voiture de course. Il faut enfiler sa combinaison ignifugée (des sous-vêtements jusqu'aux chaussettes), puis fixer le système Hans sur le casque et s'harnacher dans le siège. Là, vos yeux dépassent à peine du tableau de bord et vous mettez alors le contact en appuyant sur un bouton.

Vous enclenchez l'embrayage pour passer la première vitesse, puis la seconde après de gros à-coups où vous vous efforcez de ne pas caler. Ensuite, vous basculez sur la boite séquentielle avec les palettes au volant en quittant la voie des stands.

 

Le monde parallèle des voitures de course

Mercedes SLS AMG GT3 sur circuitCrédits photo © : rezulteo
Inutile de préciser que, pour un amateur sans expérience de ce genre d'engin de course, les sensations ressenties sont extraordinairement marquantes. Le niveau d'accélération est encore plus important que sur une voiture de sport même puissante. La boite de vitesses est d'une rapidité remarquable et reste assez docile dans son fonctionnement. Mais les deux paramètres les plus impressionnants sont le freinage et l'adhérence en courbe : c'est là où vous évoluez clairement dans un autre monde par rapport à celui des voitures de sport homologués sur route. Et sur ce plan, les pneumatiques de course y sont certainement pour beaucoup : les mélanges spéciaux des pneus slicks atteignent des performances impossibles à imaginer sur un produit homologué sur route. Leur efficacité au freinage est sidérante, leur tenue en courbe l'est plus encore. Nous n'avions pourtant que des pneus intermédiaires prévus en cas de pluie (qui n'est finalement pas venue lors de notre roulage organisé sous de très gros nuages). Avec des slicks pour piste sèche, l'écart avec le monde du pneu de route (même ultra-sportif) est encore plus marqué.

 

Des connexions entre les deux mondes

Pneu Dunlop sur un circuitCrédits photo © : rezulteo
Entre le monde des voitures de course et celui des voitures de route, il y a une galaxie entière. Mais chez les manufacturiers, on s'efforce de récupérer le plus possible les travaux en compétition automobile pour mettre au point de nouvelles technologies pour des pneus de route. Chez Dunlop, on n'hésite ainsi pas à évoquer les nombreux composants extrapolés des gommes de compétition sur des produits routiers à hautes performances comme sur le SP Sport Maxx GT et sur le Sport Maxx Race à vocation extrême. Il ne sera jamais possible d'atteindre un niveau d’efficacité pure aussi élevé que sur un slick de course, mais le travail continu des experts comme ceux de Dunlop fait que les pneus hautes performances ne cesseront jamais de s'améliorer. La compétition sert aussi à ça : les courses du calibre de celles des 24 Heures du Nürburgring ou du Mans permettent de repousser les limites des pneumatiques que ce soit en matière d'endurance ou d'efficacité pure. Désormais, il n'est pas rare de voir des autos tenir quatre heures ou plus en course avec les mêmes gommes. Sous la pluie, le rythme est de plus en plus élevé même lorsque les conditions en piste sont très mauvaises. Grâce à ce laboratoire géant qu'est la compétition automobile dans laquelle les limites physiques du pneumatique sont constamment testées, les pneumatiques de route finissent toujours par bénéficier de trouvailles éprouvées en course. Même sur des produits moins radicaux auxquels certains mélanges peuvent convenir.

 

 

Pour en savoir plus 

>> Le site du Nürburgring